Conte statique 3 (et fin)

Publié le par enviedhautdela.over-blog.com

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 Ils ne sont ni heureux, ni malheureux. Leur détresse n'est qu'apparente. Ils ne ressentent rien d'autre que leur corps vivre. Ils sont las, ils ne savent plus pourquoi. Ils espèrent vraiment qu'à force de pourquoi ils auront des frissons.

On les a perdus. « On » c'est les autres, les usés, les lâches. On a trop joué avec la vie en baffouant ses règles. Mais on a beau attaquer cette substance, elle reste incompressible. Léti ressent en elle le besoin d'aimer.

 

Sauf qu'elle a besoin de toucher pour sentir. Vivre c'est penser, mais la pensée est imparfaite et la sagacité n'y peut rien. Parce que l'homme est enfermé dans sa chair, il n'a pas d' emprise sur la réalité des choses.

 

Le grand malheur de ces adolescents est leurs aînés. Les jeunes avaient besoin de toucher la vérité pour la sentir. On leur a appris que la vie est un jeu alors qu'ils n'avaient pas vécu.

 

On leur a dit qu'il suffisait de jouer avec le feu, ils se sont consummés. Ils se sont consommés et ont appris à tort que ce qu'ils ont lu ne sera jamais vrai. Dieu était mort.

 

Léti se trompe lorsqu' elle dit « Au fond, je n'ai rien vraiment perdu, mais je me morfonds ». Elle est sans exemples, ni étiquette, ni mémoire historique ou culturelle. Elle a tout perdu en naissant parmi "nous". Pourquoi la culpabiliser? « Vous n' avez plus le courage de gagner ma pauvre amie, je vous plains ».

Elle n'a jamais eu ce courage, et tout est à perdre dans ce monde. 

 

Dieu n'est pas mort mais joueur, nous sommes à son image. Et face à ce désastre qui le reflète, Dieu est épris de questions et il s' attache à l'humain pour comprendre l' incompréhensible.

 

Le suicide mental ne peut que suivre l'échec d'un suicide physique.

 

Au fond, seule l'impuissance se palpe chez l'humain.

 

Chez moi, on la traduit par cette peine d'inspiration. Je ne sais pas écrire et je n'ai pas de solution pour pallier ce manque.

Aurélien et Léti voudraient se réendormir dans leurs contes de fée mais leur auteur est mort. Il n'a pas osé se pendre, il a préféré attendre.

 

 

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Publié dans Nouvelle 1

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